CRESTON René-Yves (1898-1964) et SEBILLEAU Gaston (1894-1957 - Lot 222

Lot 222
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CRESTON René-Yves (1898-1964) et SEBILLEAU Gaston (1894-1957 - Lot 222
CRESTON René-Yves (1898-1964) et SEBILLEAU Gaston (1894-1957) Fauteuil « Nominoë » en chêne sculpté Bretagne, vers 1925 1930 Haut. 87,5 cm - Larg. 101 cm - Prof. 80 cm Fentes, manques et renforts de pâte à bois (accidents). Provenance familiale de Gaston SEBILLEAU Un exemplaire est conservé dans les collections du Musée départemental breton, Quimper. Références : - Modèle similaire vendu à Bretagne Enchères le mardi 4 mars 2003 - Modèle similaire dans le catalogue d'exposition AR SEIZ BREUR "La création Bretonne entre tradition et modernité", page 82, Projet de René Yves CRESTON, Menuisier Gaston SEBILLEAU Commentaires : Fauteuil de salon à structure architecturée en chêne teinté, formant une caisse aux volumes puissamment géométrisés. Les flancs pleins, légèrement inclinés, sont ornés de panneaux sculptés de motifs d’inspiration celtique stylisée, inscrits dans des cartouches rectangulaires. Le fauteuil repose sur quatre pieds courts et trapus, intégrés à la carcasse, accentuant son caractère massif et stable. Le dossier haut, de forme trapézoïdale, est entièrement garni de velours et encastré dans un entourage de bois formant, deux joues triangulaires sculptées. L’assise épaisse et les larges accoudoirs horizontaux sont également revêtus de velours. De chaque côté, des niches rectangulaires intégrées au bâti confèrent à l’ensemble une dimension fonctionnelle rare. Par la synthèse qu’il opère entre modernité formelle, référence à l’art breton et monumentalité du mobilier, ce fauteuil constitue un exemple emblématique de l’Art déco régionaliste breton. Le fauteuil dit « Nominoë » s’inscrit dans le courant du mobilier Art déco régionaliste breton développé dans les années 1920 1930 par les artistes du mouvement Seiz Breur, et plus particulièrement dans la production attribuée à René-Yves Creston. Il se distingue par une synthèse aboutie entre monumentalité architecturée, fonctionnalité moderne et références savantes à l’ornementation celtique. Comparé aux autres fauteuils Art déco français contemporains (Ruhlmann, Süe et Mare, Dominique), le modèle « Nominoë » se démarque par son refus de la légèreté décorative et de la préciosité des matériaux. Là où Ruhlmann privilégie des structures élancées et des placages luxueux, le fauteuil « Nominoë » revendique une construction massive en bois plein, assumant une esthétique de robustesse presque archaïsante, traduite par des volumes pleins et un ancrage visuel au sol. Par rapport aux productions modernistes plus radicales (Le Corbusier, Perriand), le fauteuil « Nominoë » conserve une hiérarchie traditionnelle des éléments (dossier droit, accoudoirs pleins, assise encastrée), mais les traite selon un vocabulaire géométrique strict, dépourvu de courbes superflues. Cette rigueur formelle rapproche le modèle des recherches Art déco à tendance architectonique, notamment celles observées dans certains meubles de Maurice Dufrêne ou Francis Jourdain, tout en s’en distinguant par son ancrage régional affirmé. Au sein même du corpus Seiz Breur, le fauteuil « Nominoë » peut être rapproché : - des meubles de Jeanne Malivel, par l’usage de motifs celtiques stylisés intégrés à des compositions géométriques ; - des créations de Xavier de Langlais, par la monumentalité des formes et l’importance accordée au bois massif ; - des ensembles mobiliers conçus par René-Yves Creston pour des intérieurs bretons modernisés, où le meuble devient un élément structurant de l’espace. Toutefois, le fauteuil « Nominoë » se singularise par l’intégration de niches fonctionnelles latérales, élément rarement rencontré dans le mobilier Art déco français, et qui renforce son caractère de meuble « total », à la fois siège et élément d’architecture intérieure. Cette caractéristique le rapproche davantage de certaines conceptions germaniques ou nordiques contemporaines, où le mobilier tend à intégrer des fonctions annexes dans une même unité formelle. Enfin, comparé aux fauteuils régionalistes d’autres régions françaises (mobilier basque, mobilier savoyard Art déco), le modèle « Nominoë » se distingue par une stylisation très maîtrisée du décor, évitant le pittoresque ou la surcharge folklorique. Les motifs celtiques, réduits à des signes graphiques en faible relief, participent pleinement à la structure visuelle du meuble sans en rompre la modernité. Par sa conception, le fauteuil « Nominoë » apparaît ainsi comme une oeuvre emblématique de l’Art déco breton, illustrant la volonté des Seiz Breur de créer un mobilier moderne enraciné dans une identité culturelle forte. Sa présence dans les collections du Musée départemental breton de Quimper confirme son statut de référence dans l'histoire du design régional français du XX
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